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Festival 8e édition

30 juin

10 juillet

2017

The Heritage Orchestra
© DR

Entretien avec Jules Buckley avant le concert de Benjamin Clementine & The Heritage Orchestra à Days Off

interview

Deux jours après le magnifique concert de Benjamin Clementine et du Royal Concertgebouw Orchestra le 26 avril à Amsterdam, Days Off s’est entretenu avec Jules Buckley, auteur des arrangements du concert précité et cofondateur-chef d’orchestre-arrangeur de The Heritage Orchestra, un ensemble moderne et éclectique qui se produira aux côtés de Benjamin Clementine sur la scène de la Grande salle de la Philharmonie, le 30 juin prochain.

Également chef d’orchestre du Metropole Orkest, Jules Buckley a collaboré avec de nombreux artistes, seul ou avec ses deux formations : The Cinematic Orchestra, Dizzee Rascal, Emeli Sandé, Amon Tobin… (Heritage Orchestra) ; Laura Mvula, Gregory Porter, Snarky Puppy… (Metropole Orkest) ; Massive Attack, John Cale, Arctic Monkeys…

Heritage Orchestra © DR

Days Off : Qu’est-ce qui différencie Heritage Orchestra des autres ensembles symphoniques ?

Jules Buckley : Ce qui nous différencie d’un orchestre classique, c’est que nous ne jouons pas de musique classique ! On travaille sur des beats, avec des compositeurs de musique électronique, des auteurs-interprètes et des groupes d’aujourd’hui, et souvent dans une configuration inédite, quasi-symphonique.
L’ADN de nos musiciens concentre une profonde compréhension de la musique moderne et une approche globale : de la disposition de la salle à la manière dont la musique est jouée, en passant par la manière dont elle est écrite.
On n’est pas vraiment du genre à perpétuer les traditions !

Pourquoi as-tu choisi de collaborer avec Benjamin Clementine ?

Parce qu’il est un artiste unique en son genre, il trace sa propre route. Pour moi, ça a toujours été une évidence que le mariage entre sa musique et une formation orchestrale puisse produire un rendu exceptionnel.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans sa musique ?

Ses histoires. On voit que son approche lyrique est vraiment unique, si on la compare à celle de la plupart des auteurs-interprètes d’aujourd’hui. Il a sa propre signature rythmique. C’est ce qui m’a réellement marqué quand j’ai entendu sa musique pour la première fois. Il emprunte une voie nouvelle. C’est un poète qui peut inspirer beaucoup de gens en ce moment.

Heritage Orchestra © DR

On entend beaucoup de cordes dans l’album de Clementine, l’objectif est d’en faire une interprétation fidèle ? Ou bien de le réinterpréter complètement ?

Ce sera une combinaison des deux, on apporte un orchestre à cordes pour appuyer et sublimer la musique de Benjamin et de son batteur, Alexis. Certains morceaux resteront très fidèles aux originaux, d’autres seront certainement très différents.
Je vais définir le programme sous la direction de Benjamin dans les prochaines semaines. On vient tout juste de donner ce concert à Amsterdam avec un orchestre de 95 musiciens. On a voyagé vers de nouveaux horizons sur certains titres, et on est restés fidèles à l’album sur d’autres.
Benjamin est vraiment au cœur de l’imagerie qu’on présentera à Paris. Ce n’est pas juste moi qui fais ce que j’ai en tête. On travaille en étroite collaboration sur ce projet.

Et peut-être créer des morceaux inédits pour ce concert ?

C’est tellement tôt après le concert d’Amsterdam… peut-être… peut-être pas ! J’espère qu’on va présenter des titres inédits de Benjamin, mais c’est lui qui aura le dernier mot.

Est-ce que cette collaboration peut donner lieu à un album studio ?

C’est trop tôt pour le dire. Notre ressenti après le concert aux Pays-Bas était vraiment bon. Mais tout dépend de la direction que prendra Benjamin dans les douze prochains mois. Ce que je peux dire aujourd’hui, c’est qu’il s’épanouit à merveille dans cet environnement orchestral, et ça semble être une union à la fois très belle et très naturelle.

Quelles sont les principales différences entre le concert d’Amsterdam et celui de Paris ?

Deux différences majeures : à Amsterdam, on a aussi joué un répertoire classique, et bien sûr la taille des orchestres. 95 musiciens à Amsterdam et environ 25 à Paris. Le concert de Days Off sera plus proche d’un projet de musique de chambre. Le son sera résolument différent, bien plus intimiste.

Une dernière chose à savoir sur le concert de Days Off ?

À ce concert, attendez-vous à l’inattendu. Connaissant Benjamin, toujours à penser plus loin et à chercher à faire les choses différemment, je suis sûr que ce sera une soirée fantastique !

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